Biomasse torréfiée, le charbon vert de demain

10.03.2011

Aujourd'hui, le charbon est la première énergie consommée par l'industrie mondiale mais c'est aussi la première source d'émissions de C02. Une alternative existe : il s'agit de la biomasse, utilisée en co-combustion avec du charbon dans certains pays d'Europe comme la Belgique, la Pologne, les Pays-Bas et la Scandinavie. Mais celui-ci présente quelques inconvénients majeurs en termes de coût de transport et de stockage, d'absorption d'humidité et d'investissements importants par rapport aux systèmes d'alimentation, différents de ceux du charbon. Plusieurs entités européennes dont le Laboratoire des Systèmes industriels de Bioénergie (IGT-SiB) de la HEIG-VD, travaillent sur une nouvelle forme de combustible, plus performant et plus propre encore que le précédent : la biomasse torréfiée.

La torréfaction consiste à chauffer la biomasse contenant 20% d'humidité à une température comprise entre 250 et 300°C afin que l'eau s'évapore et ce, de manière irréversible. Ainsi, la matière devient plus friable, ce qui facilite le broyage et la granulation du produit.
De plus, ce combustible entre dans un procédé de recyclage puisque de nombreux types de biomasse comme le bois issu de l'entretien de la forêt et des espaces verts, bois de récupération, produits agricoles (paille, miscanthus, bagasse de canne...), déchets agro-alimentaire, peuvent être utilisés pour la torréfaction.
 

Coûts de transport et de stockage réduits

Le granulé de bio-charbon a de nombreux avantages : sa densité énergétique est supérieure à celle des granulés ordinaires et son caractère hydrophobique réduit considérablement les coûts de transport et de stockage. Par ailleurs, du fait de sa similarité physico-chimique avec le charbon, il n'y a besoin d'aucun investissement particulier et il peut même se substituer partiellement au charbon dans les centrales électriques et les chaudières.
Résultat : certains leaders européens sont prêts à en produire et en acheter et par rapport à l'écobilan exceptionnel qu'offrent les pellets de bois torréfié, on peut envisager dans un futur très proche son utilisation pour le chauffage domestique et la cogénération d'électricité et de chaleur.
La production industrielle est prévue pour cette année 2011 et de nombreux fabricants de pellets de bois du monde entier sont d'ores et déjà très intéressés par le produit. 
 

Contact

Prof. Jean-Bernard MICHEL, Directeur de l'institut de Génie Thermique (IGT), e-mail
 
Informations complémentaires : www.cett.ch