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La HEIG-VD dévoile les secrets du bruit éolien

15.02.2017

L’évocation des éoliennes dans une conversation suscite très souvent un débat passionné, voire émotionnel. Il y a bien sûr les pros de ces moulins à vent contemporains producteurs d’énergie renouvelable. Et les antis qui fustigent notamment l'inesthétisme des éoliennes dans le paysage et la pollution sonore qu’elles occasionnent. A l’issue d’une étude inédite sur le bruit éolien, la Haute école d'ingénierie et de gestion du Canton de Vaud est sur le point de rassurer les sceptiques.

Les équipes de Dominique Bollinger, professeur en génie de l’environnement à la HEIG-VD, et deux spécialistes en acoustique, Xavier Falourd et Lukas Rohr, du bureau yverdonnois Prona, spécialisé dans l'environnement, ont développé un gabarit sonore qui permet de caractériser et reproduire précisément le bruit des éoliennes - sa nature, sa fréquence, sa distribution spatiale, sa propagation et ses modulations, notamment. «A l’issue de cette année d’études, nous avons fait de grandes découvertes, explique Dominique Bollinger. Le bruit éolien se caractérise par des fréquences basses. La propagation de ce bruit est particulière puisque nous avons enregistré des modulations d’amplitudes et de fréquences à très courte distance.»

Les recherches du partenariat HEIG-VD et Prona sont particulièrement innovantes. Elles portent en effet sur une étude du bruit éolien en situation, et non sur un simulateur en milieu isolé. Techniquement, le bruit de base a été capturé auprès de l’éolienne de Charrat, dans le canton du Valais. Puis il a été décomposé en moyennes et traduit en algorithme. Ce dernier génère des fréquences qui rendent compte à la fois du bruit mécanique de la nacelle et des ondulations provoquées par les pales.

 

Minimiser les émissions sonores des éoliennes

Quant au gabarit mis sur pied par les chercheurs, il se compose d’une structure verticale de douze haut-parleurs et d’un caisson de basses pilotés de manière indépendante afin de pouvoir recréer la nature du son, c’est-à-dire la fréquence et l’amplitude. «La verticalité du gabarit va reproduire la spatialité du bruit», ajoute Dominique Bollinger. Au point d’émission, le bruit atteint 104 décibels (puissance acoustique en dBA). Dans un scénario qui maximise ce bruit, ce son est perceptible à une distance de 350 mètres de l’éolienne.

Une démonstration publique a eu lieu fin novembre dans la plaine de la Mauvernay, au Chalet-à-Gobet, sur les hauts de Lausanne. C’est l’un des sites retenu par les Services industriels de Lausanne pour le projet EolJorat sud qui projette l’implantation de huit éoliennes autour des forêts du Jorat. Mais les données récoltées par la HEIG-VD n’intéressent pas que les autorités vaudoises. Le développement du secteur éolien est au cœur des stratégies énergétiques des autorités fédérales et cantonales suisses. Les constructeurs de parcs éoliens pourraient ainsi s’inspirer de ces recherches pour concevoir des éoliennes qui minimisent la pollution sonore.

 

Source : efficience 21