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Utiliser tout ce que contient le gaz d’épuration

27.09.2017

La part de biométhane national dans le réseau de gaz suisse représente seulement env. 1 %. L'industrie suisse du gaz souhaite une grande progression : en 2030, la part de gaz renouvelable sur le marché de la chaleur devrait être de 30 %. Pour cela, la Suisse doit instaurer de nouvelles capacités de production et des quantités considérables de gaz renouvelable devront être importées. Au cours des derniers mois, un procédé de traitement de biogaz brut a été testé dans la station d’épuration Werdhölzli à Zurich. Il permet une augmentation significative du rendement des installations de biogaz.

 

Aujourd’hui, la plus grande part du gaz consommé en Suisse est importée. Le gaz naturel provient essentiellement de pays de l’Union Européenne (39 %), de Russie (33 %) et de Norvège (20 %). Lors de sa combustion, le gaz naturel dégage du CO2 dans l’atmosphère. Ce CO2, d’abord lié dans les couches souterraines profondes, contribue à l’aggravation du changement climatique. L’utilisation du biométhane élimine ce problème. Lors de sa combustion, le biométhane dégage autant de CO2 que le fait la croissance des substances biogènes de départ à partir de l’atmosphère et est ainsi pratiquement neutre. Le biométhane commercialisé en Suisse provient exclusivement de déchets et de résidus, comme les déchets de cuisine et de jardin, de boue d’épuration ou de lisier. « Nous sommes sur la voie de l’ère des gaz renouvelables », affirme Daniela Decurtins, directrice de l’Association Suisse de l´Industrie Gazière.

 

Du gaz renouvelable est alimenté dans le réseau de gaz naturel depuis 20 ans. Au cours des dix dernières années, la production nationale a pu être multipliée par dix pour passer à 308 GWh (2016). Ce faisant, la part de biométhane des ventes nationales de gaz est de 0,8 % de 39'029 GWh. L'industrie suisse du gaz souhaite augmenter considérablement la part de gaz renouvelable dans l’alimentation suisse.  L’augmentation de la production nationale et de l’importation devrait permettre d’atteindre une part de 30 % du marché de la chaleur (chauffage et eau chaude pour les foyers) en 2030. Selon les estimations de l’étude de l’ETH « Bioenergy in Switzerland », le potentiel suisse pour l’énergie issue de la biomasse s’élève à 23'000 GWh ; l’agriculture représente une grande part de ce potentiel. « En raison de la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC), une grande part de la biomasse déjà exploitée aujourd’hui est utilisée pour la production d’énergie, ce qui, du point de vue de l’efficacité énergétique, est moins avantageux que l’alimentation dans le réseau. »

 

Outre l’exploitation de cette réserve endormie, il est également judicieux d’optimiser le rendement des installations de biogaz existantes. Une installation de démonstration ('Cosyma') de la station d’épuration Zurich-Werdhölzli montre comment y parvenir. Elle est exploitée par l’Institut Paul Scherrer (PSI) de Villigen dans le canton d'Argovie avec le soutien des sociétés Biogas Zürich AG, une entreprise collective de l'ERZ (centre d'élimination et de recyclage de Zurich), Energie 360° AG (autrefois Erdgas Zürich AG) et Limeco, l’entreprise publique d'élimination des déchets de vallée de la Limmat.

 

Source : Article écrit par Benedikt Vogel, sur mandat de l'Office fédéral de l'énergie/OFEN