ecoRobotix : le robot qui travaille dans le pré


ecoRobotix : le robot qui travaille dans le pré

ecoRobotix développe un robot désherbant entièrement alimenté par l’énergie solaire.

Lorsqu’il était enfant, Steve Tanner avait coutume d’aider ses parents, agriculteurs de métier, à désherber les champs de betteraves à sucre. Cette culture est particulièrement exigeante et le jeune homme se souvient encore parfaitement des gestes répétitifs et fatigants à accomplir pour arracher les racines, accroupi sur la terre familiale située dans la plaine de l’Orbe. Des études à l’EPFL et un doctorat en microtechnique plus tard, il s’interroge : ne serait-il pas possible de trouver une solution pour remplacer l’homme et les désherbants par le robot ?

 

Partenariat positif

En 2011, Steve Tanner rencontre Aurélien Demaurex, qui a achevé sa formation en HEC, et lui parle de son idée de robot sans utilisation d’herbicides. Aurélien est rapidement convaincu du bien-fondé d’un tel projet. Ensemble, ils travaillent à développer un concept et réalisent en parallèle une étude de marché, qui leur confirme le potentiel commercial de ce projet. 

Leur entreprise voit le jour en 2011 sous le nom d’ecoRobotix. Peu de temps après, le premier prototype est achevé. À ce jour, ils en ont conçu cinq, la mise sur le marché de ce robot désherbant est prévue pour début 2018 et dix machines sont déjà en précommande via le distributeur suisse Grunderco, entreprise spécialisée dans le commerce de matériel agricole. Chaque robot coûte  environ 25 000 francs.

 

Traitement ciblé

Contrairement aux produits concurrents, le modèle d’ecoRobotix est très léger : 130 kg à peine. Pour cette première version, le robot n’arrache pas les mauvaises herbes au moyen de bras articulés : il pulvérise une petite quantité de désherbant sur la zone préalablement délimitée. « Il utilise vingt fois moins de produit chimique qu’un diffuseur classique. De plus, il est entièrement autonome, car il fonctionne à l’énergie solaire », précise Aurélien Demaurex, qui a présenté son engin au dernier Salon de l’agriculture de Paris. Si ecoRobotix a choisi de recourir au désherbant pour son premier modèle de robot, c’est tout simplement parce que l’agriculture bio ne représente que 10 % des exploitations suisses. « Par ailleurs, pour démarrer ce projet, c’était une version plus simple à réaliser techniquement », précise Aurélien Demaurex.

Mais la start-up n’a pas oublié son projet initial de robot. Elle devrait en lancer une version en 2019, qui permettra de détruire les mauvaises herbes sans utilisation d’herbicides.  

 

Des drones pour aider les robots

ecoRobotix envisage l’avenir avec sérénité. L’an dernier, la start-up a levé 3 millions de francs afin de poursuivre son développement et espère engranger un chiffre d’affaires d’une centaine de milliers de francs cette année. Parmi ses soutiens, elle compte sur la Confédération, à travers des programmes de recherche, mais aussi sur la Fondation pour l’innovation technologique (FIT) et le Canton de Vaud. Son premier objectif est de s’implanter sur le marché suisse, mais Aurélien Demaurex et Steve Tanner projettent d’élargir leur sphère commerciale à la France et à la Belgique dès l’an prochain, puis à l’Allemagne à terme. 

Pour la suite, la start-up envisage d’améliorer la connectivité de ses robots grâce à des drones volant à basse altitude, qui récolteraient des données sur le terrain à désherber. Les deux Vaudois en sont persuadés : il ne faut pas rater le tournant de l’agriculture numérique.

 


Source : Panorama des start-ups cleantech

 

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