L’écologie industrielle selon SATOM SA (VS)


L’écologie industrielle selon SATOM SA (VS)

En près de quarante ans d’existence, SATOM SA a considérablement fait évoluer ses activités. Initialement conçue pour incinérer les déchets, son usine se positionne aujourd’hui comme un acteur régional majeur de l’énergie et entend jouer un rôle croissant dans la régulation du réseau électrique.

Année de fondation: 1972
Nombre d'employés: 77

«Il faut cesser de considérer les usines d’incinération comme des installations polluantes au mauvais rendement énergétique, c’est complètement faux!» avertit d’emblée Edi Blatter, le directeur de SATOM SA. Construite dans les années septante dans le but de détruire les déchets de plusieurs communes valaisannes et vaudoises, l’usine de Monthey a peu à peu fait évoluer sa mission et joue aujourd’hui un rôle majeur de centrale énergétique. Le temps où l’on se contentait de brûler les incinérables afin d’éviter qu’ils ne s’accumulent dans d’inesthétiques décharges à ciel ouvert est en effet révolu. «Dès le début des années quatre-vingt, nous avons développé des systèmes pour améliorer le traitement des fumées; l’usine a été totalement rénovée en 2003 et depuis lors, elle est en mutation constante pour améliorer ses rendements énergétiques.» L’énergie dégagée par la combustion des déchets est notamment transformée en électricité et permet aussi d’alimenter la centrale de chauffage à distance de Villeneuve. Quatre chantiers sont par ailleurs en cours depuis 2010 à Monthey afin d’étendre le thermoréseau de SATOM. L’entreprise a également racheté en 2007 la compostière de Villeneuve; grâce aux déchets organiques, elle y produit du biogaz, ainsi que de l’électricité et de la chaleur.

 

Réguler le réseau électrique grâce aux déchets

Le processus d’incinération des déchets engendre un dégagement important de vapeur d’eau, d’une pression d’environ 50 bars. Celle-ci permet d’actionner une turbine générant plus de 130 GWh d’électricité par an. «Une partie de la vapeur est également envoyée à la raffinerie Tamoil de Collombey, ce qui lui permet de brûler moins d’hydrocarbures au cours de ses processus. En retour, la raffinerie nous envoie ses rejets de chaleur que nous réinjectons dans le réseau de chauffage à distance.» Un bel exemple d’écologie industrielle, initié en 2010 par la construction de quatre conduites reliant les deux installations. Rien ne se perd non plus en ce qui concerne l’utilisation de la chaleur. «L’eau chaude est envoyée dans le réseau de chauffage à distance à une température de 70°C environ. Lorsqu’elle revient, sa température est encore suffisamment élevée pour chauffer des serres dont nous avons encouragé l’installation.» Ce n’est donc qu’une fois totalement refroidie qu’elle retourne dans le circuit de l’incinération des déchets.

Afin d’asseoir encore sa place de centrale énergétique, SATOM entend également jouer un rôle dans la régulation du réseau électrique. «La valeur de l’électricité connaît actuellement des fluctuations importantes, et ce notamment en raison du photovoltaïque. Or il est essentiel d’assurer une production flexible afin de pouvoir l’ajuster à la consommation. SATOM a précisément la possibilité de contribuer à cette régulation en stockant les déchets et en modulant l’utilisation de ses fours.» Pour ce faire, l’entreprise vient de lancer un appel d’offres afin de construire une gigantesque halle de stockage des déchets incinérables. «Les plastiques nous intéressent tout particulièrement car ils ont un fort pouvoir calorifique. Et contrairement à une idée répandue, mieux vaut les valoriser en énergie que les envoyer à l’autre bout du monde pour les faire recycler.» Un comble alors qu’avec l’adoption de la taxe au sac par de nombreuses communes les citoyens sont plutôt appelés à réduire le volume de leurs poubelles dont les plastiques représentent 70%? «Le problème est justement l’adoption de cette mesure. Elle taxe en effet davantage ce qui devrait rester dans le sac et engendre des coûts démesurés pour les communes qui doivent développer des filières séparées pour la collecte des plastiques. Des coûts qu’elles retransfèrent de toute façon aux citoyens.»

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