Mesurer en temps réel la présence de bactéries dans l’eau


Mesurer en temps réel la présence de bactéries dans l’eau

La start-up vaudoise bNovate Technologies a développé une technique qui permet de surveiller en continu la qualité microbiologique de l’eau potable.


La plupart des techniques d’analyse permettant d’identifier les souches bactériennes en cause dans la pollution de l’eau potable prennent plusieurs jours. Soit le temps pour de nombreuses personnes d’être contaminées… Le principe de la solution proposée par bNovate Technologies est de visualiser instantanément les cellules présentes dans l’eau avec un marqueur ADN qui les rend fluorescentes, puis de les détecter avec un faisceau laser. «Cette méthode, appelée la cytométrie en flux, existait déjà en laboratoire», précise Simon Kuenzi, «mais nous l’avons automatisée et rendue assez robuste pour être utilisable de manière industrielle.» Avec Fabrice Merenda, Sigi Straessler et Peter Ryser, il crée une start-up en 2011 sur le campus Innovation Park de l’EPFL. Leur premier prototype voit le jour fin 2013. La société vise tous les producteurs d’eau, de la petite station de filtration d’une ville aux grandes entreprises qui mettent en bouteille l’eau minérale.



Analyses automatiques in situ

La technique BactoSense permet d’analyser automatiquement et in situ la concentration de bactéries dans l’eau, en un quart d’heure seulement, ce qui en fait un produit révolutionnaire sur le marché. Son utilisation est par ailleurs très simple: une alarme se déclenche dès lors qu’une bactérie est détectée. La machine, entièrement fabriquée sur le campus de l’EPFL, est étanche et autonome grâce à sa cartouche qui contient tous les produits chimiques nécessaires à l’opération. Elle recueille en outre les déchets. La start-up est déjà bien sur les rails. En 2016, elle a vendu dix instruments et espère en commercialiser cinquante de plus d’ici fin 2017. La production sera bientôt confiée à la société alémanique Sigrist-Photometer, qui se charge déjà de la distribution. Dans un premier temps, celle-ci se concentrera sur la Suisse, puis s’ouvrira courant 2017 à l’Allemagne, l’Autriche et la France, pour viser plus loin, dès 2018.



Nombreux soutiens

Au cours de son développement, bNovate a bénéficié de plusieurs soutiens, notamment celui de la Commission pour la technologie et l’innovation (CTI), du Service de la promotion économique et du commerce du canton de Vaud, mais aussi de la fondation alémanique Gebert Rüf. À noter également l’engagement d’Innovaud et platinn, qui ont fourni un coach pour aider à l’élaboration d’un plan financier solide. Dans ses bureaux de l’innovation Park de l’EPFL, l’équipe de bNovate pense déjà à une nouvelle génération de machine, qui sera en mesure d’identifier les bactéries pathogènes dans l’eau, comme les E. coli. «Nous cherchons encore des investisseurs pour atteindre cet objectif», précise Simon Kuenzi. «Il ne nous manque que trois millions.»

 

Contact

Chemin de la Dent d’Oche 1A
1024 Ecublens (VD)


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