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Des composites naturels prêts à sortir de l’écurie McLaren

27.01.2021

La durabilité s’incorpore dans le sport automobile. McLaren a collaboré avec l’entreprise fribourgeoise Bcomp pour développer le premier siège de course de Formule 1 à base de composites naturels. Membre de CleantechAlps, Bcomp utilise les propriétés du lin pour rendre le siège de course résistant et rigide tout en réduisant les vibrations. 

Les constructeurs automobiles repoussent sans cesse les limites de la technologie à la recherche de la performance. Cette discipline est souvent considérée comme étant la vitrine technologique de l’industrie automobile. Par exemple, l’introduction du premier châssis monocoque en fibre de carbone a nettement amélioré la sécurité du pilote. Depuis, la fibre de carbone représente environ 70% du poids structurel d’une voiture de F1. 

Dans le cadre de son programme de développement durable, McLaren a collaboré avec l’entreprise cleantech Bcomp pour développer les sièges de course pour Carlos Sainz et Lando Norris. Leurs sièges sont fabriqués en fibres naturelles. Ils ont déjà été testés pendant la présaison. Ils sont prêts pour entamer la compétition. De plus, cette expérience a permis d’en apprendre plus sur les matériaux composites naturels et sur leur potentiel d’application future. 

Christian Fischer, le PDG et le co-fondateur de Bcomp, explique la valeur de cette collaboration : « la durabilité et la décarbonisation sont des questions d'ordre mondial, et il est fantastique de voir le sport automobile adopter des alternatives au carbone, ouvrant ainsi la voie à une adoption généralisée dans les applications de mobilité à grande échelle ». 

 

Une alternative aux fibres de carbone

Comparé aux composites de carbone, le recours au lin offre bien des avantages écologiques. Cette matière renouvelable et recyclable évite qu’une fois le siège usé, ses composants se retrouvent à la décharge. De plus, la culture du lin est économe en eau, émet peu de gaz à effet de serre et n’entrave pas les cultures vivrières.

La technologie « PowerRibs » et « AmpliTex » de Bcomp rend les sièges résistants et rigides tout en réduisant les vibrations. L’empreinte carbone de la production de pièces à base de fibres de lin est 75% inférieur aux pièces en fibres de carbone, à poids et performances égales. De plus, les solutions de Bcomp réduisent jusqu’à 30% du coût de la matière première.

Le siège de McLaren n’est qu’une étape initiale pour que le sport automobile devienne plus durable. M. Foster explique que lorsque « les composites de fibres naturelles sont utilisés intelligemment, les fibres de lin réduisent le poids et le coût, tout en maintenant et, dans certains cas, en améliorant même les performances. Il existe toute une gamme d'applications possibles au-delà de la voiture elle-même ». Il donne l’exemple des outils de moulage qui peuvent être eux aussi fabriqués à base de fibres naturelles et ainsi réduire l’empreinte carbone.

 

Source et crédit photo : McLaren