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Lorsque la station météorologique fixe le prix de l’électricité

24.07.2019

Lorsque le soleil brille, le kilowattheure coûte jusqu’à 15 centimes de moins qu’en cas de mauvais temps: lors du dernier essai sur le terrain au Swiss Energypark, le prix de l’électricité a été ajusté toutes les heures en fonction des prévisions météorologiques pour 600 ménages. Il s’agissait de motiver les clients à adapter leur consommation énergétique en fonction de l’évolution de la production d’énergie solaire. Le résultat est surprenant.


Normalement, personne ne prépare le repas du soir en plein après-midi à 14h. Et si quelqu’un veut se servir du sèche-cheveux après sa douche matinale, il n’attend pas vraiment que le soleil soit au zénith et qu’il fournisse suffisamment de courant.

Dans l’approvisionnement des clients en électricité, il y a actuellement un grand décalage entre la consommation énergétique des ménages et la production de courant solaire: le soleil fournit le plus d’énergie au milieu de la journée, tandis que la consommation d’électricité de la société atteint son maximum le soir.


Le prix de l’électricité baisse lorsque le soleil brille

Il y a un peu plus de trois ans, l’équipe du projet «Flexi 2», composée d’experts de l’EPFL et de l’Université de Neuchâtel, a pris contact avec Cédric Zbinden, directeur de La Goule, une filiale de BKW, dans l’idée de réaliser un essai sur le terrain. L’équipe, soutenue financièrement par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) voulait étudier le point suivant: est-ce que les consommateurs se laissent guider dans leur consommation d’électricité au moyen de tarifs flexibles pour qu’ils consomment fréquemment de l’électricité lorsqu’une grande quantité d’énergie solaire est disponible?

A cette fin, le prix de l’électricité a été calculé pour le jour suivant sur la base des prévisions météorologiques. La veille au soir, des clients sélectionnés recevaient un SMS indiquant les prix de l’électricité qui variaient d’une heure à l’autre. Pour les périodes où les stations météorologiques prévoyaient un bon ensoleillement, le kilowattheure était jusqu’à 15 centimes moins cher qu’en cas de mauvais temps.
 

Fasciné par l’idée

Bien entendu, La Goule était de la partie. Le caractère novateur de cet essai sur le terrain a immédiatement fasciné Cédric Zbinden. «Dans ma jeunesse, nous n’avions un point de contact avec les compteurs de nos clients qu’une fois par an: lorsque le contrôleur était sur place et qu’il relevait la consommation dans la cave.»

Et maintenant, grâce aux smart meter, il s’agissait pour La Goule d’être parmi les premiers à interagir par voie numérique avec ses clients toutes les 15 minutes en utilisant des méthodes de mesure basées sur l’intelligence artificielle et à leur proposer des prix calculés par des stations météorologiques. Cédric Zbinden souligne: «Il est vrai que nous sommes assez fiers d’avoir pu mettre en œuvre ce projet ambitieux.»
 

Il en faut encore plus pour que les clients s’impliquent

L’évaluation de l’essai sur le terrain a été moins réjouissante: le nombre de clients qui a effectivement adapté sa consommation sur la course du soleil en raison de la flexibilité des prix n’était que de quelques pour cent. «Pour être honnête: nous avions espéré que l’effet soit plus grand», affirme Cédric Zbinden.

Les experts de l’énergie estiment le potentiel d’une utilisation flexible de l’électricité à environ 17% de la consommation totale. Que faut-il faire alors pour orienter la consommation d’électricité des clients? «Je pense qu’en raison de la progression de l’automatisation dans la maison intelligente de demain, les gens adapteront plus souvent leur consommation d’électricité en fonction de l’heure», déclare Cédric Zbinden. En effet, la pompe à chaleur électrique, la machine à laver ou la borne de recharge pour la voiture électrique se mettront alors en route automatiquement lorsque le soleil brillera.

 

Source: blog BKW