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Transformer le plastique en carburant : la pierre philosophale des temps modernes ?

17.05.2018

La situation est préoccupante : d’après la Fondation Ellen MacArthur, il pourrait y avoir plus de plastiques dans les océans que de poissons, en 2050. Aujourd’hui déjà, la faune et la flore souffrent et la biodiversité est menacée. La récente prise de conscience internationale pour inverser la tendance a poussé les entrepreneurs à imaginer des solutions pour valoriser le plastique non recyclable. En Suisse, l’offensive est menée, entre autre, par GRT Group hébergée au technopôle d’Orbe (TecOrbe). L’entreprise propose de transformer les plastiques en carburant. Le directeur, Luca Dal Fabbro, nous explique comment il ambitionne de changer les déchets en or.


CleantechAlps (CTA) : Quel est votre concept ?
Prof. Eng. Luca Dal Fabbro (L. D. F.) : Nous avons développé un procédé qui permet de transformer les plastiques non recyclables, souvent utilisés dans les emballages de produits frais notamment, et à usage unique, en carburant. Pour expliquer simplement, l’idée est un peu la même que pour extraire de l’alcool. La matière passe dans des cuves successives pour être chauffée. Les vapeurs récupérées sont utilisables sous forme de liquide ou de gaz pour produire du diesel, de l’essence ou de l’électricité. On appelle ce procédé la thermolyse sans oxygène.


CTA : Pourquoi vous être lancé dans ce projet ?
L. D. F. :: Quand nous avons vu les dégâts provoqués par les plastiques dans l’océan et sur les plages, nous avons réfléchi à une solution pour revaloriser les déchets et réduire le « littering ». Si une matière a une valeur, il est possible de faire du profit et donc de rentabiliser une chaîne de valeur allant de la récolte à la production. Il s’agit également d’une économie d’émissions de CO2 importante : 70% par rapport à des carburants fossiles! Au final, nous allons transformer un déchet dont personne ne veut (NDLR - la Chine vient d’ailleurs d’annoncer quelle fermait ses frontières aux déchets plastiques) en une ressource dont tout le monde a besoin. En résumé, un très bel exemple d’économie circulaire.


CTA : Quelles sont les prochaines étapes ?
L. D. F. : Nous sommes en train de rendre opérationnelle notre première usine en Italie.  Nous mettons en place un système de ramassage avec les entreprises locales. Nous cherchons des investisseurs pour soutenir notre lancement et notre développement. À terme, on parle d’une quinzaine d’usines en Europe et de proposer des licences en Asie.


CTA : Que vous a apporté CleantechAlps?
L. D. F. : De la visibilité auprès de réseaux spécifiques tels que des investisseurs ainsi que de la crédibilité. Deux éléments qui sont essentiels lorsque l’on monte une entreprise, spécialement dans le domaine des cleantech où les concepts sont souvent innovants et ne reposent pas (encore) sur des idées éprouvées.

 

GRT Group
Site web : https://www.grtgroup.swiss/
Contact : Luca Dal Fabbro, info@grtgroup.swiss

 

Luca Dal Fabbro

 

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