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Désherbage : davantage de précision et 20 fois moins de pesticides grâce au robot d’Ecorobotix

03.06.2019

Du désherbage automatisé et de haute précision : c’est ce que propose la jeune entreprise Ecorobotix, basée à Yverdon-les-Bains. La commercialisation de ce robot rempli de technologie et intégrant des algorithmes est prévue pour 2020, avec, à la clé, des économies gigantesques de pesticides. Ecorobotix a levé 10,6 millions de francs en mai dernier et poursuit ses développements. Rencontre avec Claude Juriens, directeur commercial de l’entreprise.


Monsieur Juriens, quelles sont les spécificités d’Ecorobotix ?

Notre entreprise, qui emploie environ 20 personnes, développe un robot désherbeur. Ce dernier reconnaît automatiquement, grâce à la vision, les plantes à éliminer. Le défi pour nous, c’est de placer notre outil au bon endroit et au bon moment. Notre robot, encore en développement, offre une précision de quelques centimètres. Il est autonome, tant sur le plan de l’énergie (grâce à ses panneaux solaires) que de la navigation. L’intelligence humaine est cependant bien là, pour savoir quand le robot doit sortir. C’est en fait l’agriculteur qui décide et qui demande au robot de travailler sur un champ.


Quel est votre concept de vente ?

Nous ne nous sommes mis aucune barrière pour le moment. Mais nous nous basons pour le moment surtout sur un réseau de prescripteurs, comme les centres de recherche étatiques (Agroscope ou Agralis en France), dans le but d’avoir les labellisations et des références solides. Nous avons également des contacts réguliers avec les coopératives d’agriculteurs. Des projets-pilotes sont en cours avec certaines d’entre elles. A ce stade, notre modèle d’affaires ne prévoit pas de vente directe en ligne de notre robot. Nous nous orientons plutôt vers un réseau de distribution de proximité, incluant un service après-vente efficace. 


Comment est né Ecorobotix ?

L’un de nos co-fondateurs est fils d’agriculteur et a passé de nombreux étés à désherber manuellement des champs. Cette origine, couplée à ses études de robotique, lui ont donné l’idée d’un robot désherbeur de précision. C’est ainsi que l’aventure d’Ecorobotix a débuté. Les deux co-fondateurs ont, depuis le début, une réelle volonté d’avoir un impact positif sur l’environnement.


En quoi votre produit est-il important pour la sauvegarde du climat ?

Notre robot n’émet aucun CO2, puisqu’il fonctionne uniquement à l’énergie solaire. Mais surtout, il permet une diminution de facteur 20 de l’utilisation de pesticides, avec tous les effets favorables sur la chaîne alimentaire et sur les sols. Avec un robot qui ne pèse que quelques centaines de kilos, on évite également le tassement des sols.
 

Quelles sont les prochaines étapes de développement ?

Cette année, nous allons poursuivre les développements et améliorer le robot. Une nouvelle version devrait être prête pour la fin de cette année. Une dizaine de robots sont en tests en conditions réelles depuis deux ans dans toute l’Europe. Sur cette base, beaucoup de constats ont été faits et nous allons intégrer ces retours d’expériences dans la nouvelle version de notre robot.
Au niveau commercial, nous souhaitons commercialiser un produit abouti et entièrement finalisé. Il faudra donc au minimum encore deux ans de tests et de projets pilotes avant le vrai lancement commercial. Les algorithmes qui reconnaissent les plantes à éliminer doivent être « nourris » par des milliers d’images. Cela prend du temps.
 

Quels sont vos marchés phares ?

Nous nous concentrons actuellement sur les cultures de betteraves, oignons, haricots, épinard et colza. Ceci principalement en Suisse, en France, au Benelux et en Allemagne. Notre vrai marché-test est la France et nous viserons à terme un déploiement de nos robots dans le monde entier.


Propos recueillis le 13.02.2019 au Climate Show de Lausanne