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Un label énergétique en francs et en centimes ?

15.05.2019

Les foyers suisses sont loin d’être aussi efficaces qu’il est possible de l’être aujourd'hui du point de vue énergétique. Lors de l’achat d’équipements électriques, seule une fraction des consommatrices et consommateurs choisit des modèles à économie d’énergie. Une équipe de recherche exprime cette proposition: à l’avenir, la consommation électrique annuelle moyenne devrait être déclarée sur l’emballage des réfrigérateurs, des sèche-linge ou des fours. Une étude financée par l’Office fédéral de l’énergie montre que la connaissance des coûts d’électricité permet en effet d’économiser plus d’énergie.

 
Selon la stratégie énergétique 2050, la consommation d’électricité annuelle moyenne par tête en Suisse devra avoir baissé de 3% en 2020 par rapport à l’année 2000. L’objectif pour l’année 2035 est encore plus ambitieux: la consommation d’électricité moyenne par tête devra être de 13% plus basse qu’en 2000. Pour atteindre ces objectifs, les foyers peuvent apporter une contribution significative.
 
Une étude financée par l’Office fédéral de l’énergie (OFEN) démontre l’existence du potentiel pour une plus grande efficacité énergétique. «Les foyers pourraient économiser 20 à 30 pour cent plus d’électricité que jusqu’à présent», affirme le professeur Massimo Filippini, directeur de l’étude. L’achat et l’utilisation des appareils électroménagers seraient aujourd’hui «considérablement inefficaces». L’économiste de l’ETH de Zurich, en collaboration avec Nina Boogen et Nilkanth Kumar de l’ETH de Zurich, ainsi que du Dr Julia Blasch, de l’Université libre d’Amsterdam, ont mené une grande enquête au sujet de la consommation d’électricité en Suisse.
 
À l’aide d’un formulaire, l’équipe a recueilli des informations concernant, entre autres, le type d’équipements électriques, l’intensité d’utilisation et leur consommation d’électricité de facto dans 8’400 foyers du pays. La consommation a été déterminée grâce aux informations de neuf centrales électriques participantes.
 
 

Un potentiel d’économie d’électricité de 20 à 30 pour cent

Les chercheurs ont calculé l’efficacité énergétique de chaque foyer, avec des méthodes statistiques, sur la base de ces données. Ils ont ensuite comparé, avec le benchmarking, la consommation d’électricité des foyers avec celle estimée à partir du guide de bonnes pratiques. Les économistes ont calculé le potentiel d’économies d’électricité de 20 à 30 pour cent à partir de l’inefficacité des foyers, mesurée selon le guide de bonnes pratiques.
 
Plus précisément: ils ont trouvé «22 pour cent d’inefficacité structurelle», comme elle est provoquée, par exemple, par des appareils anciens et grands consommateurs d’électricité ainsi que «11 pour cent d'inefficacité temporaire», qui se manifeste lorsqu’un appareil reste en veille bien qu’il serait possible de l’éteindre à tout moment.
 
 
Source : Article écrit par Anita Vonmont, sur mandat de l'Office fédéral de l'énergie/OFEN