20 avril 2026

Oxara AG – Toutes les caractéristiques du béton – et bien plus encore

La production de ciment est fortement génératrice d’émissions de gaz à effet de serre. Une spin-off de l’ETH Zurich a mis au point une alternative écocompatible, sous la forme d’un substitut de ciment à faible empreinte carbone. Baptisée Oxara AG, cette jeune entreprise propose en outre un additif permettant de fabriquer des produits à base d’argile faciles à mettre en œuvre. 

Contexte 

Gnanli Landrou est originaire du Togo, Thibault Demoulin est Français. Tous deux se sont rencontrés à Zurich, durant leurs études de doctorat à l’ETH. Forts de leurs connaissances techniques, ils ont créé en 2019 la start-up Oxara afin de développer des matériaux de construction écocompatibles. Les jeunes entrepreneurs s’appuient sur des procédés innovants pour réaliser des produits dont la fabrication génère 70 à 95 % de CO2 en moins par rapport à des matériaux traditionnels. Leurs solutions ont fait leurs preuves dans des applications pilotes. En 2024, ils recherchaient des investisseurs pour passer à l’échelle industrielle. 

Technologie 

Le dernier-né d’Oxara est un liant qui peut être employé comme du ciment dans la fabrication de béton. La matière première provient de déchets de démolition mélangés, qui sont réactivés grâce à la technologie Oxara et peuvent ainsi être réutilisés pour fabriquer de nouveaux matériaux de construction. Si le béton issu de la technologie Oxara n’est pas suffisamment solide pour construire des ponts, il peut néanmoins servir à réaliser les murs porteurs de bâtiments à plusieurs étages (résistance maximale de 25 Mpa). Auparavant, Oxara avait déjà mis au point trois additifs destinés à la fabrication de béton de terre et de briques d’argile ; par leur ajout, l’argile se transforme en un matériau de construction moderne pour la réalisation p. ex. de sols et de cloisons intérieures non porteuses, ou encore de murs revêtus de briques d’argile. 

Maturité 

Si les matériaux de construction Oxara présentent une faible empreinte carbone, c’est grâce à leur procédé de production novateur, mais aussi grâce au fait qu’ils recyclent des matériaux de démolition et qu’ils suppriment l’étape de cuisson des briques d’argile. La start-up a testé ses solutions en laboratoire et dans plusieurs projets pilotes.

Un bâtiment-test est en cours d’édification sur le campus de la Hochschule Luzern Technik & Architektur (fin des travaux prévue en octobre 2024) ; ce projet baptisé MANAL fait appel à toute la gamme des produits Oxara. Dans le futur, la production et la distribution des additifs pour l’argile et du substitut de ciment seront prises en charge par des partenaires. À ce jour, Oxara a récolté près de 4 millions de CHF. La production à l’échelle industrielle et la mise sur le marché des produits devraient débuter en 2025, sous réserve de l’obtention d’un nouveau cycle de financement portant sur 10 millions de CHF. L’entreprise identifie un potentiel de marché considérable pour le liant dernièrement arrivé à son catalogue. Ses cibles principales sont l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche. 

« Nous utilisons des « déchets » de l’industrie de la construction pour produire des matériaux de construction modernes et écocompatibles qui contribueront à la réalisation de l’objectif zéro émission nette d’ici 2050. »  – Gnanli Landrou, CEO et cofondateur 

Ce portrait est tiré de la 2e édition du panorama des start-up cleantech publié en 2024Découvrez la publication complète ici.

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