Pendant plusieurs décennies, Andreas Mayer a aidé à équiper de filtres à particules des engins de chantier et d’autres véhicules à moteur diesel. Avec sa start-up NanoCleanAir, cet ingénieur souhaite aujourd’hui utiliser la technologie des filtres diesel pour protéger le personnel hospitalier contre les virus.
Contexte
Les particules de suie émises par les moteurs diesel sont nuisibles pour la santé. C’est pourquoi les filtres à particules ont été créés dans les années 1990 afin de protéger les ouvriers contre les émissions de suie produites par les engins de chantier lors de la construction des tunnels de la NLFA. Depuis 2008, tous les véhicules diesel de Suisse doivent être équipés d’un filtre à particules. Andreas Mayer et son bureau d’études ont appuyé la mise en place de ces filtres dans le cadre de nombreux projets à partir de 1990. Lorsque la pandémie de Covid-19 s’est déclenchée, au début de l’année 2020, l’ingénieur en mécanique alors âgé de 83 ans a reconnu d’emblée le potentiel d’application de ses connaissances : la taille des virus étant sensiblement la même que celle des particules de suie, les filtres destinés à retenir les particules des moteurs diesel devaient donc également pouvoir bloquer les coronavirus. C’est ainsi qu’il a créé l’entreprise NanoCleanAir avec quelques partenaires.
Technologie
Selon une étude scientifique menée à l’Université de Fribourg, les filtres bloquent effectivement 99,9999 % des virus, ce qui les rend même plus efficaces vis-à-vis de ces derniers que des particules diesel. Suite à cette étude, NanoCleanAir a lancé trois projets pilotes en installant des filtres anti-virus dans une école de Lenzbourg, une cabine d’ascenseur de l’entreprise bernoise EMCH Ascenseurs SA, et sur des lits de l’Hôpital universitaire de Berne. Cette dernière application constitue aujourd’hui l’activité principale de NanoCleanAir. L’approche consiste à installer au-dessus des lits un baldaquin qui fonctionne comme une sorte de hotte aspirante : l’air est aspiré au-dessus des lits des malades et débarrassé des virus à l’aide de filtres, ce qui préserve de la contamination le personnel hospitalier et les autres patients à proximité.
Maturité
Au cours des 25 dernières années, les filtres à particules diesel se sont répandus sur tout le globe ; aujourd’hui, ils sont quelque 300 millions en service dans le monde. Le baldaquin anti-virus pour lit d’hôpital n’en est quant à lui encore qu’à ses débuts : deux exemplaires sont en cours de test depuis février 2022 au sein de la clinique universitaire d’infectiologie rattachée à l’Hôpital universitaire de Berne. Avec la fin de la pandémie, l’urgence à agir est devenue moins impérieuse. Andreas Mayer reste néanmoins convaincu que son baldaquin pourrait s’avérer très précieux pour les hôpitaux, notamment pour protéger les patients les plus à risque. L’ingénieur espère recevoir les premières commandes d’hôpitaux et pouvoir lancer la commercialisation de ses produits en 2025.
« Les filtres à particules diesel ont besoin d’un certain temps pour devenir efficaces. Nos filtres anti-virus, eux, sont conçus de telle manière qu’ils assurent une protection totale dès la première seconde. » – Andreas Mayer, CEO de NanoCleanAir
**Ce portrait est tiré de la 2e édition du panorama des start-up cleantech publié en 2024. Découvrez la publication complète ici.