Le recyclage des PET et autres plastiques existe depuis longtemps. Tide Ocean SA a choisi une nouvelle approche en se spécialisant dans les déchets issus des régions insulaires et côtières, qu’elle utilise pour produire une matière première à faible empreinte carbone destinée à la fabrication d’une large palette de biens de consommation et industriels.
Contexte
Ces dernières années, le public est devenu de plus en plus sensible au problème de la pollution plastique dans les mers et les océans. Selon des estimations, 12 millions de tonnes de plastiques s’y déversent chaque année, et ce chiffre tend à augmenter. C’est ici qu’intervient Tide Ocean : la start-up fondée en 2019 fait collecter ces déchets par des partenaires locaux et les transforme ensuite en granulés, en fil et en filament pour impression 3D. Sous ces nouvelles formes, le plastique sert de matière première pour la fabrication de divers articles : le groupe néerlandais Condor l’emploie notamment pour produire ses tapis, la Manufacture Horlogère Suisse Maurice Lacroix s’en sert pour ses montres en plastique et leurs emballages, et le groupe industriel Von Roll pour les couvercles de protection de ses hydrantes.
Technologie
Le recyclage du plastique est un processus complexe, en particulier lorsque le produit de ce recyclage est destiné non à fabriquer à nouveau l’objet d’origine (p. ex. des bouteilles en PET à partir de bouteilles en PET), mais un nouvel objet. Tide Ocean a fait appel aux conseils de l’Institut de technologie des matériaux et de transformation des matières plastiques (IWK) de la Ostschweizer Fachhochschule. Le point de départ est toujours le produit final qui doit être fabriqué grâce au plastique recyclé ; à partir de là, on détermine les spécifications techniques auxquelles devra répondre le plastique recyclé, qui est alors élaboré selon une formule sur mesure. Les quatre types de plastiques les plus courants (PET, HDPE, LDPE, PP) peuvent ainsi être transformés en pratiquement n’importe quel produit.
Maturité
Les déchets plastiques issus de l’océan proviennent de Thaïlande, d’Indonésie, de Malaisie, du Mexique et des Philippines. Ils sont revalorisés par des entreprises de recyclage locales, et revendus par Tide Ocean à des clients dans le monde entier. Avec un volume de production annuelle à quatre chiffres, la start-up qui bénéficie du financement de six actionnaires privés atteindra bientôt son seuil de rentabilité. Son objectif à moyen terme est d’accroître ses volumes pour traiter chaque année 240 000 tonnes de déchets plastiques, soit 2 % des déchets plastiques mondiaux qui viennent polluer les mers et les océans. Tide Ocean contribue ainsi à leur dépollution, mais aussi à la lutte contre le changement climatique, puisque chaque objet en plastique recyclé produit jusqu’à 80 % d’émissions de gaz à effet de serre en moins par rapport à un plastique classique sur l’ensemble de son cycle de vie.
« Les réglementations politiques qui favorisent l’économie circulaire nous permettent d’améliorer notre compétitivité. »
Ce portrait est tiré de la 2e édition du panorama des start-up cleantech publié en 2024. Découvrez la publication complète ici.